Les chroniques des Sept Maudits : Frère meurtrier
_____Le froissement de mon ample et grande coule sortit mon frère Alban de son travail. Ce jeune homme brun se leva tout de go et, dès qu'il me vit, froissa le papier sur lequel il était en train d'écrire.
— Qu'est-ce que tu fais ici, infâme personnage ?! Père et Mère t'ont banni à jamais ! rétorqua-t-il en sifflant entre ses dents.
— Tu n'as pas changé, Alban : tu penses toujours à tes intérêts. Mais as-tu oublié tous ses moments passés ensemble ?
— Ma mémoire n'a rien effacé, sauf les souvenirs que j'ai eus avec un traître !
_____Un rire m'échappa, tellement la bêtise prononcée était aussi grosse que mon frère ! Moi, un traître ? Et puis quoi encore ? Mais je repris vite mes esprits pour lui répondre :
— Ta mémoire a-t-elle aussi effacé le cinquième commandement : « Tu respecteras tes ainés » ?
_____Alban, avec son tempérament impulsif et coléreux, s'est jeté sur moi, qui n'ai point bougé. Pendant une fraction de seconde, je me suis demandé si j'avais choisi la bonne solution. Mais cette éventualité ne me tracassa pas longtemps, juste la durée de sortir mon poignard de sous ma coule pour le planter dans le ventre de mon frère. Je le remuai dans la plaie profonde avant de le retirer lentement pour le ranger dans son étui.
_____Une fois m'être reculé de quelques pas, le corps de mon frère tomba à terre, comme une statue de marbre, plié en deux. Vu que mon travail avait été accompli sans accro, je n'avais plus rien à faire ici. Je décidai donc de repartir au plus vite.
_____Je passai par le long couloir où les murs étaient tapissés de peintures. Habituellement, je n'y prêtais aucune attention mais mon regard s'arrêta sur une toile qui pourrait être l'intrus par rapport au portrait de mes nombreux et divers ancêtres : deux jeunes garçons, âgés approximativement de sept et six ans, riaient dans un immense champ vert peuplé de coquelicots et de multiples fleurs des champs. Cette ½uvre ranima en moi de vieux souvenirs ancrés au plus profond de moi.
_____Contre mon gré, des larmes coulèrent le long de mes joues. Je me sentis nostalgique d'un temps où les soucis et l'honneur n'existaient pas. D'un temps définitivement révolu. Pour de bon.
_____« Je n'aurais peut-être pas dû le tuer... juste lui faire perdre la mémoire... »
_____Oh non, maintenant, je me mettais à culpabiliser ! Il fallait que je me reprenne en main. Mais le simple fait d'avoir perdu mon seul compagnon de jeu me remplissait de tristesse : Alban avait été mon unique confident pendant mes treize premières années qui précédaient ma vie de fugue. Mes deux frères et trois s½urs, eux, ne se souciaient que d'argent et de popularité. Ils préféraient se pavaner dans les rues d'Andorre-la-Vieille, en sachant parfaitement que aucun des passants, souvent des touristes venus chercher de la tranquillité, ne les regardaient.
_____Une image vint soudainement devant mes yeux : un doux visage d'adolescente, encadré de long cheveux roux.
_____« Talia... »
_____Et ce fut ce nom qui me procura ma nouvelle force : j'avais tué ma famille, à l'exception de mes parents car le cinquième commandement me l'en empêchait, mes démons, mes monstres, pour pouvoir aimer Talia sereinement. Mais avant de mener une vie paisible, je devais fuir pendant de longues années afin de ce satané ordre de « religieux » à cause lequel j'avais repu mon serment de chasteté m'oublie...
---------------------------
Alors, comment le trouvez-vous, ce petit texte ?
Au départ, je l'avais inventé pour un texte. Vu que j'avais d'idée, j'ai pris un de "Les chroniques des Septs Maudits" ( et ouais, maintenant, c'est des "chroniques" !) pour en trouver.
Bref. Un avant-goût. :)